


Pierre-Thomas LE CLERC (1740 ? – c.1796), attr. à
Etude de main tenant un bâton
Pierre noire sur papier vergé avec un filigrane au raisin
21 x 29 cm
Porte un numéro XXVII à l’encre brune en haut à gauche
Notre feuille est très proche d’une sanguine (22,3 x 35,5 cm) conservée à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, qui la donne au sculpteur Louis-Claude Vassé (1717-1772), et provenant de la donation Mathias Polakovits de 1987.
Toutefois, Alexandra Michaud, spécialiste de Vassé, émettait quelques doutes sur la paternité de la sanguine des Beaux-Arts à Vassé, qui avait été acquise comme attribuée à Bouchardon lors d’une vente Sotheby’s (Londres, 20/05/1985); selon elle il s’agissait probablement d’une oeuvre de l’entourage de Bouchardon.
Il s’agit en fait probablement d’un dessin préparatoire (à moins qu’il s’agisse d’une copie d’après l’estampe) pour la planche N°1 du cahier III (consacré aux mains, tout comme le IVème cahier) de la série Cahiers de principes de dessins d’après nature, réalisée par Pierre-Thomas Le Clerc au début des années 1770. Il y eut au total 15 cahiers, comprenant chacun 6 planches gravées par Jean-François Janinet pour les cahiers I à XIV, et par Jubier pour le XVème.
Un premier tirage en manière de sanguine fut publié chez Père et Avaulez, rue Saint Jacques à la Vieille Poste. Un autre, postérieur, en manière de crayon, fut publié chez Mondhare et Jean rue Saint Jean de Beauvais, n°4. Les cahiers étaient dédiés à Jean-Baptiste Marie Pierre, premier peintre du Roi.
Peintre mais surtout dessinateur et illustrateur, la carrière et les maîtres de Pierre-Thomas Le Clerc (ou Le Clere) sont mal connus. Il réalisa entre autres : des cahiers d’arabesques et de décoration (1788) gravés par Guyot, des dessins de mode et de costumes de théâtre vers 1780, des illustrations d’événements de la Révolution, ainsi que des portraits dans les années 1770 et 1780.La main est une des parties du corps qui, toutes époques confondues, intéressa le plus les artistes. Afin de pouvoir restituer au mieux les attitudes des figures humaines de leurs tableaux ou de leurs sculptures, les études préparatoires étaient souvent indispensables.
La tenue d’un objet, tel un bâton comme dans notre dessin, était quelque chose de particulièrement difficile à exprimer.