Nicolas-Henri JACOB

Lucie-Françoise Girard et son chien, à Alfort en 1820


Nicolas-Henri JACOB (1782, Paris -1871, Paris)
Lucie-Françoise Girard et son chien, à Alfort en 1820
Mine de plomb
48 x 28 cm
Signé en bas à gauche
Situé et daté en bas vers le centre
1820


Nicolas-Henri Jacob était issu d’une grande famille d’ébénistes. Fils d’Henri et cousin de Georges Jacob, il fut lui-même à l’occasion créateur de mobilier, notamment pour le célèbre magasin de décoration L’Escalier de Cristal; il dessina ainsi une table de toilette pour la duchesse de Berry, qu’il avait d’ailleurs portraiturée avec ses deux enfants dans un berceau.
Professeur à l’Ecole Nationale vétérinaire d’Alfort dans les années 1815/1830, après avoir été le peintre d’Eugène de Beauharnais en Italie entre 1805 et 1814, il avait été chargé par le ministère de l’Intérieur de la décoration de la chapelle de l’école.
Il illustra notamment l’ « Atlas des hernies des chevaux » , en 1827, pour le compte de Jean Girard (1770-1852), conservateur des collections puis professeur à l’école d’Alfort.
Surtout connu pour ses dessins anatomiques, qu’il réalisa essentiellement dans les années 1830 et 1840, Jacob fut aussi un portraitiste distingué, au trait tout aussi précis que dans ses planches scientifiques.

Il représente ici Lucie-Françoise Girard (1803, Alfort – 1879, Le Perray en Yvelines), la fille Jean Girard. Elle était également la soeur de François-Narcisse Girard (1796 – 1825) qui fut comme son père un célèbre vétérinaire. Jacob était un familier des Girard, et il aura probablement également réalisé des portraits de Jean et de François-Narcisse.
Dans notre dessin daté de 1820, Lucie-Françoise est alors âgée de 17 ans. Elle se promène vraisemblablement dans les jardins de l’école (le dessin est situé à Alfort), accompagnée de son chien et vêtue à la mode de l’époque, en robe d’été de percale avec trois rangées de volants en mousseline.
Lucie-Françoise se maria le 28 mars 1821 avec Charles-Germain Bourgeois (1791, Rambouillet – 1879, Le Perray en Yvelines). Après deux enfants morts en bas âge, ils eurent une fille, Lucie-Pauline (1829, Rambouillet – 1897, Villeneuve St Georges), qui épousa Paul Darblay (1825, Etampes – 1908, Dinard), un industriel bonapartiste qui fut entre autres maire de Corbeil. Leurs enfants s’unirent avec de prestigieuses familles aristocratiques telles que les Rohan-Chabot ou Costa de Beauregard.

L’identité du modèle est confirmée par une étiquette au dos de l’encadrement, portant l’inscription: « mère de Madame Paul Darblay ».