
Jean-François HÜE (Saint-Arnoult en Yvelines, 1751 – Paris, 1823)
Paysage à l’arbre animé de chasseurs
Huile sur toile
41 x 32 cm
Signée et datée en bas vers la gauche
1776
Exposition : peut-être vente après-décès de l’artiste, Paris, 6-8 mai 1824, numéro 56 du catalogue, titré Petit paysage, soleil levant, orné de figures
Admirateur du paysagiste naturaliste Simon Lantara, Hüe commença son apprentissage à Versailles sous la direction de Silvestre, le maître de dessin des enfants de France. Il fut ensuite, à l’académie de France, l’élève de Doyen et de Joseph Vernet.
Reçu académicien en 1782, il passa en 1785/86 presque deux ans à Rome où il découvrit les ruines et monuments italiens, et perfectionna son art du paysage.
Hüe reste surtout connu pour ses marines calmes ou agitées et comme le continuateur de l’œuvre de Joseph Vernet sur la série des ports de France : effectivement, deux ans après la mort de celui-ci en 1789, l’Assemblée Constituante lui commanda une série de 6 toiles sur des ports bretons, appelés « Ports de la République ». Il exposa au Salon de 1781 jusqu’à sa mort, recevant ici et là d’autres commandes officielles représentant par exemples des épisodes napoléoniens. Ses deux fils Horace et Alexandre-Laurent (1779-1853) furent également peintres.
Comme Vernet, Hüe produisit aussi des compositions pastorales, parfois au clair de lune, avec des cascades, rochers, lacs, baigneuses, pêcheurs, paysans ou chasseurs …
Dans ce tableau de jeunesse, Hüe fait déjà preuve de son grand sens de la lumière ; on y retrouve aussi son goût pour les peintres hollandais italianisants du XVIIème siècle, comme Both, Asselijn, Dujardin, Ruisdaël ou Van Bloemen, dont de nombreuses œuvres figuraient dans sa vente après-décès. Le lot 56 de celle-ci, par ses dimensions (15 x 12 pouces) et sa description, pourrait correspondre à notre toile : « Ce tableau, vigoureux de ton, est à la fois d’une grande fraîcheur et d’une grande légèreté de touche » .
L’harmonie de la composition et le raffinement du dessin annoncent les propos de Charles-Nicolas Cochin, qui parlera de Hüe en 1789 comme « un des plus importants paysagistes de Paris » .