Jean-Baptiste JORAND

Intérieur d’église


Jean-Baptiste-Joseph JORAND (1788, Paris – 1850, Eu)
Intérieur d’église
Lavis d’encre brune
16,5 x 12,5 cm
Signé et daté en bas à droite
1820                                                                                                                                Prix : 1 400 €


Malgré une abondante production dessinée, nous connaissons assez peu de choses de la biographie et la carrière de Jorand, qui fut peintre, dessinateur, graveur mais aussi archéologue.
Elève de Pillement, d’Alexandre-Evariste Fragonard et du baron Gros, il débuta au Salon de Paris en 1810, et y exposa régulièrement jusqu’en 1824, essentiellement des oeuvres « troubadour » et des intérieurs d’église; en 1825, il présenta une quinzaine d’oeuvres (des lithographies et quelques peintures) au Salon de Lille. Il participa encore au Salon de Paris en 1827, 1831 et 1849.
Artiste voyageur, Jorand fit partie de l’équipe du baron Taylor dès le début des années 1820: il représenta ainsi des sites un peu partout en France: Bretagne, Auvergne, Provence, Alsace, pays de Loire… Comme quelques-uns de ses confrères (comme Edouard Truchot), il fit une visite en Angleterre (vers 1821), notamment dans le Hampshire et à Coventry.
Son goût pour l’archéologie et les monuments anciens apparaît non seulement dans le choix de ses sujets, mais aussi dans son appartenance à des associations comme La société royale des antiquaires de France, La société des antiquaires de Normandie, ou La société libre d’émulation de Rouen; il avait d’ailleurs écrit un mémoire titré « De la nécessité d’être exact dans la représentation des monuments archéologiques.  »
Louis-Philippe fit appel à lui en 1839 pour les dorures et les décors d’écussons de la salle des Croisades à Versailles; proche de la famille d’Orléans, Jorand s’installa définitivement à Eu, où il travailla sous la direction de l’historien Auguste Trognon (1795-1878).

Dans ce beau lavis, Jorand affirme son goût pour les effets de lumière et de clair-obscur, qui le rendent proche de Daguerre, avec lequel certains de ses dessins furent d’ailleurs confondus.
La fraîcheur de l’oeuvre, ainsi que la numérotation sur le montage, peuvent laisser penser qu’elle faisait partie d’un album amicorum.
Eu égard à sa date de création, le dessin pourrait représenter un intérieur de l’église de Corbeil, édifice plus ou moins en ruine sur lequel Jorand travaillait à l’époque.