Isidore PILS

La mort d’une soeur de charité

Ex-voto de Philippe de Champaigne
Tableau du musée des Augustins de Toulouse
Etude du musée Magnin

Isidore PILS (1815, Paris – 1875, Douarnenez)
La mort d’une soeur de charité
Pastel et pierre noire
42 x 57 cm
1849/1850
Oeuvre en rapport: tableau exposé au Salon de Paris de 1850 sous le N° 2475, titré La mort d’une soeur de charité, pour une partie duquel notre dessin est préparatoire – Le tableau (2,41 x 3,05 m) est conservé au musée des Augustins de Toulouse
Provenance: vente de l’atelier Pils, 20 mars 1876, Paris, Drouot, lot N°417 du catalogue titré La Mère saint-Prosper sur son lit de mort, étude pour La Mort d’une soeur de charité


Cet admirable dessin, à la forte présence et dégageant une grande émotion, que l’on peut rapprocher de L’Ex-voto de 1662 de Philippe de Champaigne (musée du Louvre), est une étude pour le tableau de Pils du Salon de 1850, Mort d’une soeur de charité, acquis par l’Etat en 1851. L’esquisse peinte du tableau et plusieurs études (huiles et deux dessins) furent présentées à l’exposition posthume de Pils organisée à l’école des Beaux-Arts de Paris en 1876. L’étude peinte de la tête de la Mère Saint-Prosper, lot N°418 de la vente Pils, 56 x 45 cm, est conservée au musée Magnin de Dijon.
Le thème du tableau était lié à la vie personnelle de Pils: il lui fut inspiré par la mort de la soeur Saint-Prosper, dont il avait personnellement reçu des soins lors d’un séjour de six mois à l’hôpital Saint-Louis au début de 1845. Reconnaissant, il était allé, à la mort de la religieuse le 30 août 1846, s’agenouiller au pied du lit où était exposé son corps, et il avait été touché du spectacle des pauvres gens venant contempler une dernière fois celle qui était pour eux une mère.
L’oeuvre connut un grand succès public et critique, remarquée notamment par Delecluze et les frères Goncourt, qui le distinguent comme « une des meilleures toiles du dernier Salon » dans le numéro 25 (26 juin 1852) de L’Eclair (revue hebdomadaire de la littérature, des théâtres et des arts).

Ce tableau appartient au début de carrière de Pils, avant qu’il ne s’adonne définitivement (lui-même étant fils de soldat) au genre militaire et de la grande décoration. Elève de Guillon-Lethière puis de Picot, Pils réalisa à son retour d’Italie, où il avait passé six années depuis 1839, plusieurs oeuvres à thématique religieuse.
Il avait commencé au Salon de 1846 avec Le Christ prêchant dans la barque de Simon et La mort de sainte Madeleine, ce dernier étant acquis par l’Etat. En 1850, il exposait aussi une Sainte famille, et enfin La prière à l’hospice, au Salon de 1853 (ce tableau, aussi connu sous le nom de La prière des enfants teigneux, fut offert par l’impératrice Eugénie à l’hôpital des enfants malades, l’hôpital Sainte-Eugénie devenu ensuite hôpital Trousseau; à la démolition de celui-ci en 1902, la peinture fut transportée à l’hôpital Saint-Louis et est aujourd’hui conservée au musée de l’Assistance publique). Notons toutefois un dernier « revival » religieux au Salon de 1874 avec Le Jeudi-Saint en Italie, dans un couvent de dominicains.