Hippolye LECOMTE

Colonel de cuirassiers russes

Autre tableau du Salon vendu par notre galerie

Hippolyte LECOMTE (Puiseaux, 1781 – Paris 1857)
Colonel de cuirassiers russes
Huile sur toile
33 x 24 cm
Signée et datée en bas vers le centre
1817
Exposition : Salon du Louvre de 1817, sous le numéro 504
Provenance : collection Philippe Queval


Souvent réduit à un peintre de batailles et de sujets militaires, Hippolyte Lecomte, qualifié d’ « excellent maître » par Paul Marmottan, oeuvra pourtant dans de nombreux registres. Style troubadour, scènes de genre dans l’esprit de Boilly, dessins des costumes de l’Opéra et du Théâtre Italien entre 1823 et 1830, et paysage. C’est Pierre-Antoine Mongin qui l’avait initié à ce dernier genre, après une première formation auprès de Regnault.
Natif du Loiret, Lecomte exposa au Salon presque sans discontinuer de 1804 à 1847, obtenant une médaille de première classe en 1808, et régulièrement de bonnes critiques. Ainsi, dans Le Journal de Paris du 23 juillet 1817, il est distingué en tant que paysagiste, aux côtés de Langlacé, Bouhot et Regnier : « …parmi les paysagistes qu’on connaissait moins… sa couleur est peut-être un peu crue ; son feuillé manque de légèreté ; mais sa manière est franche et précise ; et il rend bien l’effet général d’un site ». Au Salon de 1824 : « Toujours de l’esprit et une piquante précision » ; le pourtant peu indulgent Auguste Jal écrit : « M. Hippolyte Lecomte mérite cette année les éloges de tous les amis des Arts ».
Lecomte fait par ailleurs partie des premiers principaux lithographes dans les années 1810. Il réalise notamment plusieurs planches pour le Voyage dans le Levant du comte de Forbin, publié en 1819, et, en 1820, l’intégralité des 380 lithographies coloriées pour les Costumes civils et militaires de la Monarchie française de 1200 à 1820. Il aura aussi une brève collaboration avec le baron Taylor pour des planches des Voyages Pittoresques.
Toujours proche des différents pouvoirs, il se constitue une prestigieuse clientèle, où l’on retrouve Joséphine, la duchesse de Berry et les Bourbons sous la Restauration, Louis-Philippe… Ses œuvres sont présentes à Versailles (une trentaine de toiles de grandes dimensions pour le musée historique), Trianon, Saint-Cloud, Compiègne, Fontainebleau.
En décembre 1807, Lecomte épouse Camille (1788-1858) la fille de Carle Vernet et devient donc le beau-frère d’Horace Vernet avec qui il travaille régulièrement. Un de ses fils Emile Lecomte-Vernet sera un célèbre peintre orientaliste. Quant à son élève le plus connu, il s’agit de Jean-Jacques Grandville (1803-1847), qui réussira dans la caricature et l’illustration.
Nous Notre séduisante petite peinture, exposée au Salon de 1817, et présentée dans son riche et important cadre d’origine, propose une assez rare représentation de la cavalerie lourde russe. La tenue correspond à celle de 1812-1814 : hauts casques en cuir de citrouille noir avec visières à l’avant (avec une bordure en laiton) et à l’arrière, cuirasses en acier noir.
Le tableau fait pendant à un autre, exécuté dans la même veine et exposé au même Salon de 1817, vendu par notre galerie, représentant un colonel de hussards français chargeant.