François-Gabriel LEPAULLE

Portrait de l’éditeur Jean-Baptiste Paulin


François-Gabriel LEPAULLE (1804, Versailles – 1886, Ay)
Portrait de l’éditeur Jean-Baptiste Paulin
Huile sur sur toile
85 x 58 cm
Signée et datée en bas à gauche
1832
Exposition : Salon de 1833, sous le numéro 1559, titrée Portrait de M. Paulin


Elève un temps d’Horace Vernet, Lepaulle entra à l’Ecole des Beaux-Arts en 1819 sur la présentation de ses principaux maîtres, Bertin et Regnault. Ayant exposé pour la première fois au Salon de 1824, il se spécialisa dans la peinture d’histoire et de genre, mais surtout dans le portrait, principalement d’acteurs et actrices. Il réalisa un nombre considérable d’effigies, et en présenta quasiment à tous les Salons entre 1827 et 1879, le record de 15 portraits concernant l’édition de 1833, celle où figurait notre tableau, et où il reçut une mention honorable.
Artiste voyageur (il visita l’Afrique du Nord, la Turquie, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas), Lepaulle possédait un talent certain, comme le souligne par exemple le Journal des Beaux-Arts et de la Littérature en 1839: « … sa facilité, son adresse de brosse, sa couleur riche et brillante, étonnante facilité à toucher les accessoires… » .

Jean-Baptiste Paulin (Rizaucourt, 1796 – Paris, 1859) fut un libraire et journaliste, personnalité dominante de l’édition sous la Monarchie de Juillet, surtout célèbre pour avoir été un des fondateurs de la revue L’Illustration en 1842. Natif de la Haute-Marne, libraire dès 1825 avec son associé Sautelet (ami d’enfance de Balzac, très familier du monde du livre et de la presse ainsi que des milieux intellectuels parisiens), Paulin est reçu avocat en 1827. C’est, depuis ses jeunes années, un libéral (tout comme Sautelet), qui, au moment de la Révolution de juillet 1830, n’hésite pas à s’engager politiquement, sans pour cela monter sur les barricades !
Parmi les principaux ouvrages qu’il édita, on peut citer : Scènes de la vie privée et publique des animaux en 1842 (en association avec Jules Hetzel, son ancien commis), illustrées par Grandville ; La Comédie Humaine de Balzac ; Le Juif Errant d’Eugène Sue, illustré par Gavarni.
A l’époque de notre portrait, Paulin est gérant du journal Le National, qu’il a fondé en septembre 1830 avec Adolphe Thiers et Armand Carrel. Dans sa nécrologie parue dans Le Siècle du 6 novembre 1859, Edmond Texier écrit : « … Il avait le goût sûr, la répartie vive et gaie, l’abord toujours souriant … » .

On peut remarquer une certaine proximité avec le portrait d’Ingres représentant le comte de Pastoret, exécuté en 1826, notre modèle ayant une légère fatuité, mais en beaucoup plus sympathique.