Lazare BRUANDET

Paysage lacustre aux pêcheurs


Lazare BRUANDET (1754, Paris – 1804, Paris)
Paysage lacustre aux pêcheurs
Gouache
32,5 x 53 cm
Signée en bas à droite
Circa 1785


Bruandet est considéré, avec son aîné Simon-Mathurin Lantara (1729-1778) et son ami Geoges Michel (1763-1843), comme le premier véritable paysagiste français, amoureux de la nature, peinte sans fard, et dont se réclameront les peintres de l’école de Barbizon.
Natif de la paroisse Saint-Michel, il formait un trio d’amis avec Jean-Louis Demarne et surtout Georges Michel, dont il fut l’inséparable compagnon, et sur lequel on considérait qu’il avait une mauvaise influence. C’est que Bruandet, surnommé « ce grand diable de Bohème » par la seconde épouse de Michel, avait l’esprit bagarreur, surtout quand il avait bu, ce qui lui arrivait plutôt fréquemment, et dans des proportions importantes. Lorsqu’il peignait ou dessinait, il était en revanche d’une nature très calme et était très exigeant avec lui-même, avec une exécution très soignée, ce qui ne l’empêchait pas de temps à autres, de produire très rapidement des oeuvres de faible qualité pour des raisons « alimentaires ».
Ses terrains de travail étaient les bois et forêts à proximité de Paris, et particulièrement Fontainebleau, le bois de Boulogne et celui de Vincennes; mais à partir de 1795, il se déplaça un peu plus vers l’est, vers Romainville et le Pré Saint Gervais. On connaît l’amusante anecdote, qui illustrait son côté quelque peu « homme des bois », selon laquelle le roi Louis XVI, à l’issue d’une journée de chasse en forêt de Fontainebleau en octobre 1787, aurait dit n’y avoir rencontré que des sangliers et Bruandet.
Plus intéressé et habile à rendre les effets de la nature, il confiait très fréquemment l’exécution des personnages à ses amis Taunay et surtout Swebach-Desfontaines.
Bruandet exposa au Salon de 1791, 1793, 1795, 1796, 1799, 1801 et 1804 à titre posthume, et eut pour principal élève le dijonnais Philippe Budelot. On considère à juste titre que ses tableaux ressemblaient beaucoup à ceux du hollandais Jan Wynants (1632-1684) et parfois aussi à Ruysdaël.

Notre belle gouache, pleine de poésie, avec sa palette de tons bleutés et vaporeux, est pleinement représentative de son talent.
Elle est stylistiquement proche des gouaches de la même époque de Pierre-Antoine Mongin, même si celui-ci agrémentait ses compositions avec davantage d’éléments architecturaux et d’élégants personnages.