Théophile-Clément BLANCHARD

Etude d’arbre en bord de rivière


Théophile-Clément BLANCHARD (1822, Paris – 1849, Paris)
Etude d’arbre en bord de rivière
Huile sur papier
32 x 20 cm
Signé au dos et porte une date en bas à droite
1832


Il existe une certaine confusion quant à la date de naissance de Théophile-Clément Blanchard. Le Benezit indique 1820, d’autres sources généalogiques 1819 ou encore 1812. En revanche, on trouve bien dans les registres paroissiaux de la ville de Paris la date du 6 février 1822 pour Théophile-Clément Blanchard (et c’est par ailleurs cette date qui est mentionnée dans les Procès-Verbaux de l’Académie des Beaux-Arts en 1841).
Elevé dans une famille d’artistes (son père Auguste-Jean-Baptiste, 1792-1849, est un graveur célèbre, médaille d’or au Salon de 1831, et son frère Auguste-Thomas, 1819-1898, sera lui aussi un graveur renommé), Théophile-Clément
semble manifester très précocement des dons pour le dessin et la peinture, comme le prouve notre huile sur papier, qui aurait donc étonnamment été réalisée à l’âge de 10 ans, si l’on en croit la date inscrite.

Selon les Procès-verbaux de l’Académie des Beaux-Arts, Blanchard est, dès l’âge de 13 ans, élève de Léon Cogniet en 1835 et 1836. Il aurait par ailleurs (selon Delécluze dans son « Exposition des artistes vivants » de 1850) été en premier lieu élève du paysagiste néo-classique Charles-Joseph Rémond, peut-être à l’époque de notre peinture. Très tôt, il étudie consciencieusement la nature, notamment dans le Dauphiné.
En 1841, à 19 ans, il se classe deuxième au Grand Prix de Rome de paysage historique (dont le thème est Adam et Eve chassés du paradis terrestre), à égalité avec le lyonnais Ponthus-Cinier, derrière le vainqueur Félix Lanoue, tous deux ses aînés de 10 ans; c’est en tant qu’élève de Merry Blondel et de Rémond qu’il concourt à ce prix.
Tout va alors très vite pour lui: il expose dès 1841 au Salon, et ce jusqu’en 1850 à titre posthume, avec 26 tableaux, exclusivement des paysages, représentant des vues de Normandie, d’Ile de France ou du Bugey.
Au Salon de 1842, le roi Louis-Philippe lui achète L’intérieur d’une forêt; il y reçoit une médaille de 3ème classe et la revue « L’Artiste » souligne « le brillant début d’un jeune artiste plein d’avenir » . Il devient un proche de Louis-Philippe et réalisera pour lui plusieurs oeuvres, dont des vues du Tréport.
Blanchard confirme en 1843 avec cette fois une médaille de 2ème classe; la même année, il est nommé professeur de dessin à l’Ecole d’Etat-Major.

A l’occasion du Salon de 1844, « l’Illustration » est particulièrement élogieuse à son égard: « Nul, plus que cet artiste, ne sait donner une idée de la nature dans ses plus simples comme dans ses plus merveilleux aspects. Monsieur Blanchard appartient à cette école de paysage qui ne corrige pas la nature par l’imagination, et qui ne manque pas, cependant, de la copier en lui laissant sa poésie et sa vigueur. »
De même, dans « Les Beaux-Arts » de cette même année: « De microscopiques dimensions nous avaient dérobé la « Vue prise des bords de l’Oise » et la « Vue prise à Noisy » par Monsieur Théophile Blanchard, délicieux paysages qui réunissent à la solidité de l’huile la délicatesse de la miniature. »

Théophile-Clément Blanchard peut être rapproché de Michallon en ce qui concerne ses remarquables et précoces dons artistiques, la durée météorique de sa belle carrière fauchée en pleine jeunesse, et son goût pour la représentation de la nature; mais 20 ans après Michallon il n’a pas le côté novateur de celui-ci à son époque.
On ne peut cependant qu’être admiratif devant notre étude de bouleau, comparable aux réalisations d’artistes chevronnés comme Simon Denis ou encore Pierre-Athanase Chauvin une trentaine d’années plus tôt.