Antoine DESPEUX

Hibiscus ou roses trémières


Antoine DESPEUX (1788 – c.1875)
Hibiscus ou roses trémières
Huile sur papier marouflée sur toile
32 x 24 cm
Signée et datée en bas à gauche
1847
Provenance : Sotheby’s, Monaco, 6 décembre 1987, (Me Escaut-Marquet), lot 428 (comme Ecole française du XIXe siècle, J*** Despleux


Voici encore un artiste de talent, si l’on en juge par notre tableau, pour lequel les éléments biographiques sont très parcellaires. Il semble toutefois que l’on puisse résumer sa vie comme celle d’un peintre décorateur, notamment au service de Marie d’Orléans, par ailleurs très impliqué dans la vie politique (il fut maire du 1er arrondissement de Paris en 1848-1849), philanthrope et adepte de la Liberté et de la Paix.

Dans un ouvrage de Gence paru en 1834, Epître à un ami sur la lithographie du portrait de Jean Gerson, Antoine Despeux est mentionné comme l’auteur de ce portrait du théologien moyenâgeux, et décrit comme « peintre philanthrope, auquel se sont réunis, pour aller servir l’humanité pendant le choléra, MM. …, anciens officiers comme lui dans la Garde Nationale du 1er arrondissement de Paris » avec une domiciliation au 18, rue d’Angoulême-St-Honore (qui correspond plus ou moins aux actuelles rue La Boétie et rue Pierre-Charron du 8ème arrondissement, autour des Champs-Elysées).
Un article de La Revue du Louvre (n°51) en 2001 signale sa participation aux décors de l’appartement des Tuileries de Marie d’Orléans vers 1835-1840, avec notamment « 11 pièces de verre avec figures, sujets et ornements gothiques », et indique 1788 comme date de naissance.

En juin 1838, on retrouve Despeux dans une liste de jurés titulaires aux Assises, publiée dans Le National, présenté comme « peintre en bâtiments », demeurant toujours au 18, rue d’Angoulême ; mais l’Almanach du Commerce de la même année indique le 26, rue d’Angoulême, correspondant à un probable déménagement ou bien à des acquisitions immobilières voisines. On retrouve cette adresse dans différentes sources jusqu’en 1847.
Au Salon de 1841, il expose une Nature morte sous le numéro 555, ce qui semble être sa seule participation au Salon.
Au moment des insurrections de juin 1848, Despeux est cité comme membre fondateur de la Société Républicaine Démocratique du 1er arrondissement de Paris, en tant qu’ « entrepreneur de peinture », désormais domicilié au 32, rue d’Angoulême. Après avoir été adjoint, il est nommé maire du 1er arrondissement en remplacement de Théodore de Bénazé (1799-1858), fonction dont il démissionnera en juillet 1849 au bénéfice d’Edouard Frottin. Durant son mandat, il est aussi inspecteur des travaux des enfants dans les manufactures du département de la Seine ; sensible à la misère des enfants, et face aux conséquences sociales du choléra, il fonde et préside en septembre 1849 la Société tutélaire et paternelle des orphelins du choléra.
En 1856, il est encore cité dans Le Journal des Débats comme juré d’Assises, en qualité de « propriétaire », cette fois au 44, rue d’Angoulême, une adresse qui reste la même en 1863.
Despeux est aussi membre de la Ligue Internationale de la Paix, une association pacifiste créée en 1867 à Genève.
C’est probablement encore lui qui est référencé comme artiste dans l’Annuaire de la Gazette des Beaux-Arts de 1870, domicilié 44, rue de Morny (nouveau nom de la rue d’Angoulême Saint-Honoré à partir de 1865).
L’existence d’une médaille de Robineau fils (conservée au musée Carnavalet), commémorative du mandat de maire de Despeux en 1848, et datée du 10 juin 1875, nous laisse penser que Despeux décéda un peu avant, vers 1873-1875.