

Jacques SWEBACH-DESFONTAINES (Metz, 1769 – Paris, 1823)
Siège de Toulon, 18 décembre 1793
Encre de Chine, plume et lavis
19 x 24 cm
Vers 1795
Oeuvre en rapport : estampe de Berthault, titrée Reprise de Toulon par les troupes françaises, le 18 décembre 1793 ou 28 Frimaire An 2ème de la République, 95ème tableau du recueil Tableaux historiques de la Révolution Française, pour laquelle notre dessin est préparatoire
Provenance :
– Fille du dessinateur et graveur Duplessi-Bertaux (1747-1818)
– Collection Chennevières (acquis lors de la vente de la collection précédente)
– Vente Chennevières, 5-6 mai 1898, Drouot Salle 6, CP Chevallier, Expert Féral, lot 176 du catalogue
Exposition : Exposition universelle de 1889, Exposition centennale de l’Art Français (1789-1889), Exposition rétrospective des dessins, Champ de Mars, numéro 532 du catalogue (p. 35)
Les Tableaux historiques de la Révolution Française , publiés à Paris en 1798 par l’imprimeur Pierre Didot, font partie des premiers recueils à vocation d’éducation politique et de propagande qui seront publiés sous le Directoire et l’Empire ; dans les années 1817/1820, il y aura une nouvelle vogue de ces entreprises consacrées à l’histoire des batailles de la Révolution et de l’Empire, célébrant l’esprit national et l’armée française, et correspondant à une phase de relative libéralisation du régime monarchique à l’époque de Decazes.
Pierre Berthault (1737-1831) réalisa la majorité des 225 gravures (dont 144 « tableaux » – scènes – proprement dit). Quant aux dessinateurs, aux côtés de Swebach, Jean-Louis Prieur (1759-1795) en était le principal, accompagné de Duplessi-Bertaux, Girardet et Nicolas Ozanne.
Célèbre peintre de batailles, de convois militaires, de scènes de bivouacs, de courses et de chasse, Swebach-Desfontaines se perfectionna à Paris auprès de Michel-Hamon Duplessis, lui-même spécialisé dans ces genres. L’ambiance et le style de ses tableaux trahissent l’influence de la peinture hollandaise de la fin du XVIIème siècle et notamment d’artistes comme Berchem ou Wouwermans ; quant à ses oeuvres dessinées, à l’instar de la nôtre, elles sont précises et vives, et serviront souvent à la réalisation d’estampes.
Particulièrement habile à restituer le pittoresque et l’animation des groupes de personnages, Swebach-Desfontaines intervenait régulièrement comme figuriste (au même titre que Demarne, Leprince ou Demay) dans les tableaux de ses confrères, comme Bruandet, Georges Michel, Budelot, Mallebranche, Bertin… Il participa pour la première fois au Salon en 1791, après avoir exposé plusieurs dessins au salon de la Jeunesse de 1788 ; il y sera présent à chaque édition jusqu’à sa mort, y recevant une médaille en 1810. Swebach bénéficia de quelques commandes officielles, mais ses oeuvres étaient avant tout particulièrement recherchées des collectionneurs privés de l’époque ; au point qu’après sa mort, on trouvait des lithographies rehaussées de peinture, collées sur toile et destinées à tromper les amateurs (Charles Malapeau était l’inventeur de ce procédé appelé lithochromie). Après avoir aussi été un des plus brillants peintres sur porcelaine à la manufacture de Sèvres, il dirigea, à la demande du Tsar Alexandre 1er et de son ministre des Finances le comte Gouriev, celle de Saint-Petersbourg entre 1815 et 1820.
Son fils Bernard-Edouard effectua lui aussi une belle carrière de peintre, sur la thématique des chevaux.