

Edouard PINGRET (Saint-Quentin, 1785 – Paris, 1869)
Jeune pâtre calabrais (Royaume de Naples)
Huile sur papier marouflée sur panneau
35 x 25,5 cm
Vers 1840
Oeuvres en rapport :
– Planche n°19 de la série Costumes italiens dans la Galerie Royale des Costumes, imprimée sur vélin et publiée à partir de 1842 chez Aubert et Cie Editeurs, 29 place de la Bourse, Paris
– Probablement tableau présenté au Salon de 1841 sous le n°1600, titré Jeune pâtre calabrois (sic), et peut-être à nouveau au Salon de 1864 sous le n°1549, titré Un pâtre calabrais
Prolifique portraitiste, peintre d’histoire (notamment pour Louis-Philippe et le château de Versailles dans les années 1830), et de scènes de genre, Pingret expose au Salon de 1810 à 1867, en tout plus de 180 œuvres. Originaire de Picardie, d’une famille d’artisans plutôt aisée, c’est un élève de David puis de Regnault, et il effectue, dans le cadre de sa formation, un premier voyage en Italie, probablement vers la fin des années 1800 ; mais il sera aussi intéressé par la découverte d’autres contrées : la Suisse vers 1825, les Pyrénées au début des années 1830, et surtout l’Amérique centrale et le Mexique dans les années 1850-1853. Ces voyages donnent en particulier lieu à des recueils de lithographies, intéressants témoignages ethnographiques des richesses culturelles et patrimoniales des lieux visités : Un mois en Suisse, ou Souvenirs d’un voyageur…, Costumes des Pyrénées dessinés d’après nature. Ces recueils illustrent une grande capacité de travail et un éclectisme certain chez Pingret, mais ils sont aussi révélateurs de son ambition, pas toujours dans un sens positif, et de son attrait exacerbé pour l’argent et la célébrité, faisant tout pour pénétrer les cercles du pouvoir ou s’approcher des personnes pouvant servir ses intérêts.
Un nouveau voyage en Italie vers 1840 détermine le thème de la majorité des tableaux que Pingret présente aux Salons de 1841 à 1844. Parmi les 13 tableaux « italiens » de 1841, on remarque un Jeune pâtre calabrois (sic), sous le n° 1600, mais qui ne peut être le nôtre en raison des dimensions (95 x 80 cm cadre compris) et des traits de crayon encore visibles de notre huile sur papier, qui indiquent un travail préparatoire.
Ce voyage justifie aussi sa participation à l’ambitieuse entreprise de l’éditeur Aubert (le créateur des revues La Caricature et Le Charivari au début des années 1830) , la Galerie Royale des Costumes. Pour en faire la promotion, Aubert écrivait : « Cette belle et nombreuse collection n’a pas de rivale ; elle est toute exécutée sur des originaux peints d’après nature et rapportes par des artistes de talent … cette galerie, la plus belle, la plus riche et la plus consciencieusement exacte qui ait encore été faite … ». La série « italienne » réalisée par Pingret se composait de 50 planches. Parmi les autres artistes de l’entreprise, Pharamond Blanchard se chargea des costumes espagnols, portugais et mexicains, Eugène Flandin s’attela aux costumes persans, Benjamin Roubaut aux costumes algériens et arabes, etc…
Les lithographes étaient Alophe, Janet-Lange et Dollet. Les planches, toutes rehaussées à l’aquarelle et de gomme arabique, mesuraient 50 x 32 cm, chacune étant proposée au prix de 3 frcs.
Une autre édition, imprimée chez Moine rue de la Montagne Ste Geneviève à Paris, parut en 1855 et 1856, sous le titre Musée de Costumes des différentes nations, avec des gravures sur acier d’après des dessins de Karl Girardet, Jules Laurens, Adolphe Yvon… et Pingret. Notre pâtre calabrais y était repris, gravé par Picaud, portant le N°29 de la série Italie, Piémont, etc.