Hippolyte-Dominique HOLFELD

Le livre d’images


Hippolyte-Dominique HOLFELD (Paris, 1804 – Paris, 1872)
Le livre d’images
Huile sur toile
51 x 62 cm
Signée et datée en bas à droite
1848
Exposition : Salon des Beaux-Arts de Paris de 1848, sous le n°2289
Provenance :
– Ancienne collection de Louis-Philippe à Claremont House (Surrey)
Vente des collections du feu roi Louis-Philippe, 28 avril 1851, Hôtel des Ventes de la rue des Jeuneurs, Commissaire-Priseur Bonnefons de Laviallle, Expert Defer, n°97 du catalogue, titré Un jeune enfant regardant un livre d’images, vendu 1 010 Francs
Oeuvre en rapport : dessin préparatoire au tableau, n°41 du catalogue de la vente après-décès de l’artiste, Drouot, 25 et 26 avril 1872


Entré aux Beaux-Arts de Paris en 1822, Holfeld s’y forme dans les ateliers de Hersent et d’Abel de Pujol. Il tente à plusieurs reprises le grand Prix de Rome de peinture, sans succès, terminant troisième en 1827, 1828, 1830, 1831, deuxième en 1832, à nouveau troisième en 1833 et 1834.
Participant au Salon dès 1831, et jusqu’en 1872, il y expose d’abord des portraits. Il se spécialisera par la suite dans les portraits d’enfants et les sujets liés à l’éducation, ainsi que dans les tableaux religieux, dont plusieurs se trouvent d’ailleurs dans des églises.
A partir de 1866, Holfeld devint archiviste de l’Association des artistes fondée par le baron Taylor.

Notre tableau bénéficia d’une bonne critique ; Le Journal des Beaux-Arts le décrit ainsi comme « gracieux, largement dessiné, d’une couleur agréable« .
L’ensemble ressemble à un décor de théâtre, avec des tentures de velours rouges et vertes, une lumière presque irréelle venant éclairer l’unique acteur de la scène, particulièrement concentré sur son beau livre ouvert sur une page représentant Polichinelle.
Au Salon de 1865, Holfeld présenta un tableau très proche, titré Le livre illustré, mais qui mettait cette fois en scène une petite fille d’une dizaine d’années, assise dans un fauteuil, regardant un livre posé sur ses jambes croisées, le visage éclairé par un halo de lumière ; les critiques furent excellentes ; La Semaine des Familles : revue universelle illustrée écrivait ainsi : « Le relief de la figure et des mains qui tiennent le livre est excellent. Un rayon éblouissant de lumière enveloppe la figure gracieuse et pleine d’intelligence de l’enfant. Monsieur Holfeld a fait dans cette toile un véritable coup de maître » .

Contraint à l’exil à la fin de février 1848, Louis-Philippe trouva refuge en Angleterre, et s’établit au château de Claremont House dans le Surrey. Sous le nom de Comte de Neuilly, il y menait une vie simple, en raison de faibles moyens financiers. Il continua néanmoins à acquérir en France des porcelaines de Sèvres, par l’intermédiaire de son ancien aide de camp, le duc de Montmorency, qui aurait pu également acheter notre tableau pour le compte de l’ancien roi des Français.
Lors de la vente d’une partie des collections de Louis-Philippe en 1851, qui comprenait le Cuirassier blessé et le Hussard chargeant de Géricault (vendus 23 400 Francs pour les deux), notre tableau faisait partie de ceux vendus le plus cher.