
Anthonore CHRISTENSEN (Copenhague, 1849 – Horsolm, 1926)
Fougère au bord d’un ruisseau, en sous-bois
Huile sur toile
37 x 52 cm
Datée en bas à droite
1870
Exposition : probablement Salon de Charlottenborg de 1870, sous le numéro 270, titré Aaparti (Vue d’un ruisseau)
Provenance : Paul Flemming, conservateur à Copenhague (tampon sur le châssis)
Née Anthonore Tscherning, notre artiste est l’une des principales femmes peintres de fleurs au Danemark à la fin du XIXème siècle. D’abord formée par la très classique Emma Thomsen (elle-même émule de Johan Jensen), elle passe assez rapidement des natures mortes florales à une peinture de plein-air, d’un style plus naturaliste, sous l’influence des leçons de sa mère Eleonore Tscherning (1817-1890), qui exposa à Charlottenborg entre 1842 et 1849.
Anthonore participe elle-même pour la première fois à ce à ce salon à seulement 18 ans, et l’année suivante, en 1868, les collections royales du Danemark font l’acquisition d’une de ses œuvres.
Notre tableau correspond bien à son style de l’époque : des scènes de sous-bois avec des plantes sauvages d’une grande fraîcheur, comportant des effets de lumière prononcés, et au rendu quasi photographique. La présence presque imperceptible de trois petits oiseaux branchés et des libellules aux ailes battantes apporte un peu de poésie et d’animation à cette composition à première vue entièrement végétale.
L’oeuvre est probablement réalisée suite à un voyage en Suisse, Italie du nord et à Paris qu’elle effectue avec sa mère en 1869.
L’année qui suit celle de notre tableau, Anthonore épouse Richard Christensen (1843-1876), un philologue, et c’est désormais sous ce nom qu’elle signera ou exposera ses peintures ; avec son mari elle séjourne plusieurs années en Italie (Rome, Sicile…) et en Grèce (Athènes).
Elle continue de participer régulièrement au Salon de Charlottenborg, tout en exposant à l’étranger, comme à Philadelphie en 1876, ou Münich en 1901 ; elle présentera plus de 230 œuvres à ce Salon, obtenant une médaille d’or en 1893.
Anthonore s’investit aussi dans l’enseignement, notamment à plusieurs membres des maisons royales danoises et grecques (dont Louise du Danemark ou Olga de Grèce) qui lui achètent plusieurs toiles, et dans l’organisation d’expositions mettant en valeurs les femmes peintres.