Adolphe YVON

Guerrier arabe dans le désert

Adolphe Yvon, Le départ du chef
Détail
Adolphe Yvon, dessin conservé au Louvre

Adolphe YVON (Eschwiller, 1817 – Paris, 1893)
Guerrier arabe dans le désert
Aquarelle et gouache
25 x 18 cm
Signée en bas à droite
Vers 1892 ?
Oeuvre en rapport : dessin au crayon conservé au cabinet d’arts graphiques du Louvre (Inv. RF 22878), de composition proche


Adolphe Yvon est un important peintre militaire et d’histoire de la seconde moitié du XIXème siècle.
C’est à l’âge de 22 ans qu’il abandonne sa carrière dans l’administration des Eaux-et-Forêts pour désormais vivre de son penchant pour les arts et fréquenter l’atelier de Paul Delaroche, avant d’entrer aux Beaux-Arts de Paris, en suivant dans le même temps les cours de l’académie Suisse. Portraits et tableaux religieux constituent l’essentiel de ses envois au Salon de Paris entre 1841 et le début des années 1850, ainsi que plusieurs scènes traditionnelles russes correspondant à un voyage de six mois en Russie en 1846. Admirateur de Charlet et surtout d’Horace Vernet, Yvon se spécialise progressivement vers la peinture de batailles, sans pour autant renoncer aux portraits. Déjà bénéficiaire d’achats de l’Etat dans les années 1840, récompensé d’une médaille de 1ère classe en 1848, c’est Le maréchal Ney à la retraite de Russie (Salon de 1855, conservé à Versailles) qui le fait accéder à la notoriété et recevoir la légion d’Honneur, et lui permettra de devenir le peintre officiel des batailles (Italie, Crimée) du second Empire. Adolphe Yvon produira aussi quelques tableaux illustrant l’histoire des Etats-Unis, où il aurait par ailleurs séjourné, et où il était en tous cas apprécié ; sous la troisième République, il se consacrera surtout à la peinture de portraits des personnalités de l’époque.
Il formera un grand nombre d’élèves, à l’école Polytechnique et aux Beaux-Arts de Paris, dont John-Singer Sargent.

On présente également souvent Yvon comme un peintre orientaliste, avec quelques tableaux réalisés dans les années 1870 et 1880 : Le conteur (1872), Le Harem (1873), Une rue à Constantinople (1873), Cérémonie Sufi Rifai (1879), Musiciens turcs (1892), tous conservés dans des collections particulières. Mais il s’agit plutôt d’œuvres inspirées par la région de Constantinople (il y passe en 1846 lors de son séjour russe, puis en 1856 pour se rendre en Crimée), plus que par l’Afrique du nord, où il semble bien qu’il ne se soit jamais rendu.
Notre aquarelle représentant un fier guerrier arabe, appuyé sur son moukhala et portant en ceinture un cimeterre, un poignard et deux pistolets, peut être mise en rapport avec un dessin conservé au Louvre, assez proche, malheureusement non daté.
Elle pourrait aussi être une étude pour une grande composition (65 x 152 cm) passée en vente chez Christie’s en 2008 avec le titre Le départ du chef, plus précisément pour une figure à l’extrême droite (cf images ci-dessous). Cette composition étant probablement un pendant pour une autre toile de mêmes dimensions, passée en vente en Espagne en 2010 et décrite comme une allégorie, mais en fait correspondant à un tableau présenté à l’exposition du Havre à l’été 1893 et titré Pax et Labor.