
Léon GOUPIL (Paris, 1834 – Paris, 1891)
La Soeur de Charité
Huile sur toile
97 x 65 cm
Signée en bas à gauche
Exposition : Salon de Paris de 1853, sous le numéro 557
Sans aucun lien de parenté avec le célèbre éditeur d’estampes et marchand d’art Adolphe Goupil (1806-1893), Léon-Lucien Goupil est un portraitiste et peintre de scènes de genre historiques ou contemporaines. Elève des deux frères Scheffer, il expose pour la première fois au Salon à l’âge de 16 ans, en 1850, et notre tableau correspond à sa deuxième participation.
Le thème de la charité et/ou de la pauvreté reviendra dans son oeuvre avec son tableau du Salon de 1864, La charité (1,13 x 1,55 m), conservé au château de Compiègne depuis 1931 et sensé représenter l’impératrice Eugénie visitant des malheureux, ou encore L’aumône au Salon de 1866 et Pour les pauvres ! à l’édition de 1867.
Contrairement aux images, allégoriques ou de la vie des Saints, sur le thème de la charité, très présentes dans l’art des années 1840 (Laemlein, Daumier…), notre peinture donne une image bien concrète de la charité au quotidien avec la figure d’une soeur portant son iconique cornette blanche.
La congrégation religieuse féminine catholique des Filles de la charité fut créée par Saint Vincent de Paul en 1633. Leur mission était de soigner les malades et de prodiguer une assistance corporelle et spirituelle aux pauvres, sans pour cela être confinées dans un couvent.
Le peintre se concentre ici non pas sur la soeur « en action » au milieu des indigents, mais sur la personne en elle-même.
Une image assez simple et accessible à tous, porteuse de sentiment et d’émotion, bien dans l’esprit de son maître Henri Scheffer et d’un autre représentant de ce style religieux-populaire, Paul Delaroche. La facture du tableau et son ambiance aimablement dramatique sont assez proches de ce dernier, et peuvent ainsi rappeler Enfants surpris par l’orage de 1825.
On pourrait par ailleurs trouver dans ce tableau une forme de dérision de la religion avec ses deux probables symboles sexuels implicites, le heurtoir de la porte et la miche de pain. Il semblerait que la jeune soeur ne vienne pas apporter uniquement un réconfort alimentaire ou spirituel … !