Théophile LACAZE

Portrait de jeune femme


Théophile LACAZE (Libourne, 1799 – Libourne, 1846)
Portrait de jeune femme
Crayon et estompe
48 x 35,5 cm
Signé et daté en bas à droite dans la marge
1819


Artiste aujourd’hui oublié et quasiment absent du marché de l’art, Théophile Lacaze peut pourtant être considéré comme le peintre emblématique de sa ville de Libourne, près de Bordeaux, et dont le musée conserve près d’une centaine de dessins et peintures. Nous présentons ici son œuvre la plus précoce connue à ce jour.

Fils de Gaston Lacaze (1768-1850), un important négociant en vin qui sera maire de Libourne entre 1800 et 1815, Théophile apprend l’art en autodidacte, selon la tradition des grandes familles bourgeoises à l’époque. Il parvient assez rapidement à exposer une première fois au Salon en 1824, un portrait de Mademoiselle Malescot ; il s’agit probablement de Jeanne-Eugénie-Laure Malescot (1801-1874), la fille de Jules Malescot, ancien adjoint de Gaston Lacaze et bibliothécaire de Libourne. Notre dessin est-il une version ayant servi à la réalisation de ce portrait ? Malgré une apparence quelque peu académique au premier abord, il est en fait d’un grand raffinement et d’une belle présence.
A partir de 1831, tout en dirigeant le commerce de vin familial, Lacaze devient un exposant régulier au Salon de Paris, avec des sujets romantico-historiques alors à la mode (Marie Stuart, croisades, Walter Scott, Shakespeare…) quelques scènes religieuses et toujours des portraits. Il est aussi présent dans les expositions bordelaises ou toulousaines. Son style est proche de celui des frères Devéria ou Johannot, avec parfois l’influence de Delacroix.
Lacaze obtiendra plusieurs médailles, et il bénéficiera de bonnes critiques, curieusement plutôt à Paris que dans sa région. La reine Marie-Amélie acquière au Salon de 1838 Jésus bénissant les enfants (entrée ultérieurement au Louvre, l’œuvre sera détruite lors de la seconde guerre mondiale, alors qu’elle se trouvait dans la chapelle de l’école militaire de St-Cyr depuis 1890), et son mari Louis-Philippe fait de même en 1839 avec Richard [Cœur de Lion] en Palestine, tableau aujourd’hui disparu. Lacaze développe alors une certaine proximité avec la famille d’Orléans, notamment le duc d’Orléans et le duc de Nemours, ce dernier lui permettant de recevoir la Légion d’honneur en 1845.